Rédigé par
Profil Dr Méryl Toledano
Gynécologue médicale
On parle de fausses couches à répétition, ou pertes de grossesse répétées, lorsqu'une femme a vécu deux pertes de grossesse ou plus. Elles peuvent survenir très tôt, parfois avant la première échographie, ou au cours du premier trimestre. Les grossesses extra-utérines et les grossesses molaires relèvent d'autres prises en charge.
Après une fausse couche isolée, la cause est le plus souvent accidentelle, fréquemment liée à une anomalie chromosomique embryonnaire. Lorsque les pertes se répètent, un bilan spécialisé devient utile pour rechercher une cause génétique, utérine, hormonale, immunologique, thrombotique ou masculine, et pour préparer la grossesse suivante avec un suivi adapté.
Le bilan peut être proposé après deux fausses couches, et plus tôt encore lorsque l'âge, les antécédents ou le contexte médical le justifient. L'objectif n'est pas de multiplier les examens, mais de sélectionner ceux qui peuvent réellement orienter la prise en charge.
Environ une situation sur deux reste inexpliquée malgré un bilan complet, mais certaines causes peuvent être identifiées et prises en charge : anomalie utérine, syndrome des antiphospholipides, trouble thyroïdien, diabète déséquilibré, anomalie chromosomique parentale ou facteur masculin.
Le bilan doit rester ciblé. Les recommandations récentes privilégient l'histoire médicale du couple, l'âge maternel, le nombre et le terme des pertes, l'imagerie utérine, le bilan antiphospholipides et les examens génétiques lorsqu'ils sont indiqués.
Selon les résultats, le médecin peut proposer une correction chirurgicale, un traitement hormonal, une prise en charge du syndrome des antiphospholipides, une stratégie d'AMP, un conseil génétique ou un suivi rapproché dès le test positif.
Certains examens, comme le dépistage de thrombophilies héréditaires ou de variants MTHFR, ne sont pas systématiques. Ils se discutent au cas par cas, notamment en présence d'antécédents thromboemboliques, familiaux ou biologiques particuliers.

À l'IMF, la prise en charge des fausses couches à répétition se construit en couple. Le médecin reprend l'histoire obstétricale, les examens déjà réalisés, les traitements reçus, l'âge, le délai de conception, le contexte AMP éventuel et le retentissement émotionnel des pertes.
Le bilan peut associer, selon la situation, échographie pelvienne, hystéroscopie ou hystérosonographie, bilan hormonal, thyroïdien et métabolique, recherche d'antiphospholipides, caryotype du couple, analyse du spermogramme et examens génétiques ciblés. Une analyse chromosomique du produit de conception peut être discutée après une nouvelle perte, lorsqu'un prélèvement est possible.
Lorsque des anomalies chromosomiques répétées ou une anomalie équilibrée chez l'un des parents sont identifiées, une consultation de génétique et une stratégie d'AMP avec diagnostic préimplantatoire peuvent être discutées dans un centre autorisé, en France ou avec un partenaire spécialisé selon les délais et le cadre médical. L'IMF assure alors les consultations, les échographies, les bilans et la coordination du parcours.
La première consultation concerne les deux partenaires. Elle permet de reprendre les grossesses précédentes, le terme des pertes, les comptes rendus d'échographie, les analyses déjà réalisées, les antécédents médicaux, chirurgicaux, familiaux et les traitements en cours.
Il n'est pas nécessaire d'attendre trois fausses couches pour consulter. Après deux pertes, ou après une première perte dans un contexte à risque, un avis spécialisé peut déjà être pertinent.
Les examens sont prescrits selon votre histoire. Ils peuvent inclure une imagerie utérine, un bilan sanguin hormonal et métabolique, une recherche d'antiphospholipides, un caryotype du couple, un bilan spermatique ciblé ou une consultation de génétique.
Lors de la restitution, le médecin distingue les causes documentées, les facteurs de risque, les examens rassurants et les situations qui restent inexpliquées malgré un bilan de qualité.
La prise en charge dépend strictement du bilan : correction d'une anomalie utérine lorsqu'elle est pertinente, traitement d'un trouble hormonal, aspirine et héparine en cas de syndrome des antiphospholipides confirmé, conseil génétique ou stratégie AMP ciblée dans les situations sélectionnées.
Le médecin reprend le protocole prévu avant la grossesse et vérifie ce qui doit être instauré ou poursuivi. Selon le bilan, il peut s'agir de progestérone, d'aspirine, d'anticoagulant, d'un traitement thyroïdien, d'une supplémentation personnalisée ou simplement d'une surveillance rapprochée.
Les dosages de β-hCG ou de progestérone peuvent être proposés lorsque le contexte le justifie, notamment après AMP ou en cas d'antécédent particulier.
Le début de grossesse est souvent la période la plus anxiogène après des pertes répétées. À l'IMF, des échographies rapprochées peuvent être organisées selon le terme et votre histoire, parfois chaque semaine au début lorsque c'est médicalement utile.
Le suivi ne se limite pas aux examens. Le médecin explique les résultats, nomme les zones d'incertitude, répond aux inquiétudes et organise une continuité de prise en charge avec l'équipe IMF.
Lorsqu'une nouvelle perte survient malgré le suivi, une prise en charge rapide peut être organisée, y compris une aspiration au bloc opératoire lorsque c'est indiqué et une analyse de tissu de grossesse si elle peut apporter une information utile.
Après deux fausses couches, un avis spécialisé peut être utile. Après 35 ans, en cas de parcours AMP, d'antécédent gynécologique ou de délai de conception long, il est souvent préférable de ne pas perdre de temps.
Une fausse couche répétée n'est pas seulement un événement biologique. Elle peut être vécue comme un traumatisme par la patiente et par le couple. Un accompagnement psychologique ou un relais de soutien peut faire partie du soin.
Les fausses couches à répétition croisent plusieurs expertises : gynécologie, reproduction, génétique, échographie, chirurgie et biologie. Une équipe habituée à ces situations permet de hiérarchiser les examens et les décisions.
La prise en charge intègre l'histoire de la patiente et du partenaire, les examens déjà réalisés, le délai de conception et le contexte AMP éventuel.
Gynécologues, médecins de la reproduction, chirurgiens, échographistes, biologistes et généticiens peuvent être coordonnés selon les résultats.
Dès le test positif, le calendrier médical est anticipé : traitements indiqués, dosages si nécessaires, échographies précoces et interlocuteur identifié.
Chaque perte est reconnue. Les consultations laissent une place aux inquiétudes, au vécu du couple et aux décisions partagées.
Les consultations de bilan et de suivi sont organisées dans les centres IMF Paris 9, Paris 16 Thiers et Paris 16 Bassano.
Après plusieurs fausses couches, il faut tenir ensemble deux réalités : chercher méthodiquement ce qui peut être corrigé, et reconnaître la douleur de ce qui a déjà été vécu.
Les praticiens IMF rattachés à cette page permettent de relier vos questions, les examens éventuels et la suite du suivi.
Les centres IMF à Paris permettent d’organiser les consultations, certains examens et le suivi avec les praticiens concernés. Selon votre situation, ils servent de point d’appui pour coordonner les rendez-vous, les résultats et les prochaines étapes du parcours.
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